TORONTO — Les marchés canadien et américains ont clôturé la semaine en hausse, les investisseurs ayant pris connaissance des derniers rapports sur l'emploi dans les deux pays.
Statistique Canada a indiqué vendredi que la croissance de l'emploi était pratiquement inexistante depuis janvier, le taux de chômage ayant augmenté d'un dixième de point de pourcentage pour atteindre 7 % en mai. L'agence fédérale a précisé qu'il s'agissait du taux de chômage le plus élevé depuis 2016, hors pandémie.
Les données américaines ont par ailleurs montré que les employeurs au sud de la frontière ont ralenti leurs embauches le mois dernier, mais ont tout de même créé 139 000 emplois malgré l'incertitude liée aux droits de douane intermittents du président américain Donald Trump.
«Le ciel ne nous tombe pas sur la tête au Canada, mais cela laisse présager un marché du travail plus faible», a analysé Theresa Shutt, directrice des placements chez Harbourfront Wealth Management.
L'indice composé S&P/TSX du parquet torontois a progressé de 86,84 points pour terminer la séance à 26 429,13 points.
À New York, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a augmenté de 443,13 points à 42 762,87 points. L'indice élargi S&P 500 a progressé de 61,06 points à 6000,36 points, tandis que l'indice composé du Nasdaq a gagné 231,50 points à 19 529,95 points.
«Nous avons constaté un rebond assez satisfaisant depuis les creux d'avril, a expliqué Mme Shutt. Je pense qu'il y a probablement eu de nombreuses opportunités d'achat. (…) La plupart d'entre nous ont récupéré les pertes subies.»
Si les marchés sont plus stables qu'il y a un mois environ, de nombreuses incertitudes assombrissent encore les perspectives, notamment autour des négociations commerciales bilatérales entre la Chine et les États-Unis, selon Mme Shutt.
Elle a ajouté que l'attention des investisseurs commençait à se détourner de la tempête quotidienne des manchettes de la Maison-Blanche sur les droits de douane pour se concentrer davantage sur l'impact des données économiques.
«Les entreprises ont désormais intégré certaines hypothèses dans leurs perspectives et leurs prévisions, ce qui aura un impact sur l'emploi, l'embauche et les investissements futurs», a-t-elle estimé.
La société de Mme Shutt se concentre principalement sur les investissements sur les marchés privés, ce qui, selon elle, offre une certaine protection contre les fluctuations quotidiennes des marchés boursiers, et bénéficie d'une diversification géographique.
Privilégier un secteur plutôt qu'un autre n'a pas été une bonne stratégie pour gérer la crise commerciale, a précisé Mme Shutt.
«On ne va pas assister à ces bouleversements de marché intéressants qui feront des gagnants et des perdants, a-t-elle indiqué. En fin de compte, il n'y a que des perdants lors de la mise en œuvre des droits de douane; l'important est l'ampleur de leur impact sur les bénéfices et la croissance futurs.»
Sur le marché des devises, le dollar canadien s'est échangé au cours moyen de 73,05 cents US, en baisse par rapport à celui de 73,21 cents US jeudi.
À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a gagné 1,21 $ US à 64,58 $ US le baril, tandis que celui du gaz naturel a augmenté de 10 cents US à 3,78 $ US le million de BTU.
Le prix de l'or a baissé de 28,50 $ US à 3346,60 $ US l'once et celui du cuivre a reculé de neuf cents US à 4,85 $ US la livre.
Lauren Krugel, La Presse Canadienne
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