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Ottawa ambitionne un accord tarifaire avec Washington avant le sommet du G7

Le premier ministre Mark Carney a affirmé mercredi que son gouvernement est « en discussion intensive » avec Washington, qui vient d’augmenter à 50 % les droits de douane sur l’acier et l’aluminium, des secteurs névralgiques pour l’économie canadienne.

Les nouveaux tarifs sur l’acier et l’aluminium sont illégaux et injustifiés , a dit M. Carney aux journalistes avant une réunion du caucus libéral. C’est une mauvaise idée pour l’industrie et les travailleurs américains, et surtout pour l’industrie canadienne.

Le président américain Donald Trump a signé mardi un décret officialisant la majoration qui portera à 50 % les droits de douane sur l'acier et l'aluminium importés par les États-Unis à partir de mercredi.

Une source haut placée au fait des discussions a affirmé à que le gouvernement fédéral espère parvenir à une entente avec l’administration Trump avant le sommet du G7, qui doit avoir lieu du 15 au 17 juin en Alberta et auquel va participer le président américain.

Selon cette source, qui a préféré préserver son anonymat, le Canada va attendre avant de riposter à ces nouveaux tarifs afin de permettre aux négociations commerciales d’aller de l’avant.

L’annonce de mardi sur le renforcement de la sécurité à la frontière pourrait également favoriser le cours de ces négociations, toujours selon cette source.

Des contre-tarifs déjà en place

Le premier ministre Carney a d’ailleurs confirmé mercredi que son gouvernement va prendre un peu de temps avant de riposter, mais pas plus . Il a également affirmé que le Canada a déjà des contre-tarifs en place visant des importations américaines d’une valeur de plus de 90 milliards de dollars .

Lors de la période de questions, à la Chambre des communes, il a assuré que son gouvernement « prépare une riposte si les négociations avec les Américains échouent ».

En plus des droits de douane de 50 % sur l’acier et l’aluminium, le président Trump a imposé des tarifs de 25 % sur plusieurs produits importés du Canada, ainsi que des droits de 10 % sur l’énergie canadienne. L’administration américaine a aussi imposé des tarifs sur le secteur automobile au Canada.

En riposte, le gouvernement du Canada a annoncé des contre-tarifs sur un ensemble de produits américains. Cependant, des exemptions temporaires ont par la suite été annoncées, notamment pour épargner le secteur alimentaire et limiter ainsi la hausse des prix dans les épiceries.

Le jus d’orange, le café et l’alcool, cependant, ne sont pas concernés par la pause des contre-tarifs d’Ottawa.

Des exemptions ont également été annoncées pour les secteurs de l’industrie manufacturière, de la santé publique, des soins de santé, de la sécurité publique et de la sécurité nationale.

Selon le bureau du ministre des Finances, François-Philippe Champagne, le Canada a, à ce jour, imposé des contre-mesures tarifaires sur des marchandises américaines d'une valeur de 95,4 milliards de dollars, incluant 60 milliards sur des produits de consommation finale et près de 35 milliards de dollars sur les importations automobiles en provenance des États-Unis.

Vers une solution à long terme?

Selon notre source, si le gouvernement canadien ne parvient pas à conclure une entente avec l’administration Trump d’ici le 15 juin, les efforts seront recentrés sur une solution à long terme qui s’arrimerait à la révision de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) qui est prévue en 2026.

Mardi, le ministre responsable de la relation Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, s’est rendu à Washington pour rencontrer le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick. Il affirme lui avoir fait part des inquiétudes canadiennes quant à l'augmentation des tarifs sur l'acier et l'aluminium.

Mercredi, le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a dit que les choses peuvent changer rapidement dans ce dossier, tout en assurant que la priorité de son gouvernement est de protéger l’industrie et les travailleurs au Canada.

Le gouvernement est en mode solution , a dit de son côté la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly.

Nous savons que les gens sont anxieux et nombreux sont ceux qui sont touchés par les tarifs , a-t-elle ajouté, affirmant avoir discuté avec des représentants des industries de l’acier et de l’aluminium, ainsi qu’avec des syndicats de ces secteurs.

Avec des informations de Louis Blouin et Fannie Olivier

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