MONTRÉAL — Les scientifiques canadiens qui travaillent sur des missions d'astéroïdes, explorent l'univers grâce au télescope spatial James Webb ou contribuent à l'envoi d’astromobiles sur Mars, affirment pouvoir remercier Marc Garneau, qui a laissé un héritage durable en tant qu'astronaute et directeur de l'Agence spatiale canadienne.
Mieux connu ensuite comme ministre fédéral, M. Garneau, décédé cette semaine à l'âge de 76 ans, était également officier de la Marine, ingénieur système et astronaute passionné de sciences depuis toujours, selon ses amis et collègues.
En 1984, il est entré dans l'histoire en devenant le premier Canadien à aller dans l'espace, alors qu'il était spécialiste de charge utile à bord de la navette spatiale Challenger. Il est retourné dans l'espace à deux autres reprises, en 1996 et en 2000, avant de devenir président de l'Agence spatiale canadienne (ASC) de 2001 à 2005.
«Toute sa vie a été consacrée au service public, a déclaré Gilles Leclerc, un ancien fonctionnaire de l'ASC qui a travaillé avec lui. Et il a été un véritable modèle pour tous les astronautes canadiens qui lui ont succédé.»
En tant que président de l'ASC, Marc Garneau a posé les bases du programme d'exploration spatiale qui allait regrouper d'autres initiatives auparavant développées séparément, a expliqué M. Leclerc.
Il était également «en avance sur son temps» en matière de conscience environnementale et de compréhension de l'importance d'appliquer les technologies spatiales à des applications pratiques, comme les communications par satellite.
«Durant son mandat, il souhaitait vraiment que nous nous concentrions davantage sur les sciences : l'astronomie, les sciences planétaires, l'exploration lunaire», a raconté M. Leclerc lors d'une entrevue téléphonique. Tout ce que nous voyons maintenant, toutes ces missions auxquelles le Canada a participé, comme une mission vers les astéroïdes, deux missions vers Mars, le télescope spatial James Webb (…) Marc a eu une influence considérable sur l'avenir du programme spatial pendant longtemps.»
Vendredi, la présidente de l'ASC, Lisa Campbell, a rendu hommage à Marc Garneau, qu'elle a qualifié de «membre précieux de la famille de l'agence spatiale».
«Nous lui sommes profondément reconnaissants pour son service public extraordinaire et ses contributions durables au Canada et au monde, qu'il s'agisse d'écrire l'histoire en tant que premier Canadien à aller dans l'espace ou de guider l'Agence spatiale canadienne en tant que président, a-t-elle expliqué lors d'un événement au siège social de l'agence, dans la région de Montréal. Son intégrité et sa générosité d'esprit touchent tous ceux qui ont eu le privilège de travailler avec lui.»
Les drapeaux des édifices gouvernementaux de Montréal ont été mis en berne en hommage.
M. Garneau conserverait sa passion pour les sciences, ainsi que ses vastes connaissances techniques, dans son prochain rôle politique, selon son ancien chef de cabinet et ami proche.
Marc Roy a expliqué que M. Garneau avait décidé de se présenter aux élections par désir de redonner après sa brillante carrière spatiale. Marc Garneau a souvent évoqué la façon dont le fait de voir la Terre d'en haut «a changé sa perspective sur bien des choses», notamment les conflits et la protection de l'environnement, a expliqué M. Roy.
«Tant de choses qui nous divisent malheureusement en tant qu'êtres humains deviennent si insignifiantes lorsqu'on regarde notre monde de l'étranger, a expliqué M. Roy lors d'une entrevue téléphonique. Et ce désir de contribuer à un niveau encore plus élevé, différent, au niveau des politiques et de la gouvernance, est ce qui l'a poussé à se présenter en politique fédérale.»
Marc Garneau a été élu député de Notre-Dame-de-Grâce—Westmount en 2008, après avoir échoué à remporter un autre siège dans la région de Montréal en 2006.
M. Roy a souligné que la formation scientifique de Marc Garneau s'était particulièrement manifestée lorsqu'il était ministre des Transports, où il était capable de comprendre instantanément les exposés techniques sur les navires, les avions et les trains.
Surtout, son expérience d'officier de marine et d'astronaute lui a donné une concentration extrême sur la sécurité, a ajouté Marc Roy, dans un rôle qui l'a vu mettre en place des mesures telles que l'initiative pour un ciel plus sûr et le Plan de protection des océans pour surveiller le trafic maritime, les déversements d'hydrocarbures et la faune.
Morgan Lowrie et Sidhartha Banerjee, La Presse Canadienne
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