OTTAWA — L'ambassadeur américain au Canada, Pete Hoekstra, rejette les allégations voulant que son pays fouille les cellulaires aux postes frontaliers. Il soutient également que des Américains ont été malmenés pendant leur séjour au Canada.
Il prétend que son pays souhaite que les Canadiens continuent de se rendre aux États-Unis pour investir et dépenser leur agent dans les commerces américains. S'il reconnaît que des Canadiens ont pu vivre des expériences difficiles aux États-Unis, il préfère croire qu'il s'agit de cas isolés.
En avril, le gouvernement fédéral avait mis à jour ses conseils pour les Canadiens se rendant aux États-Unis. Il leur disait notamment de s'attendre «à un examen minutieux» aux ports d'entrée, y compris des appareils électroniques. Il prévenait aussi si l'entrée aux États-Unis était refusée, on pouvait être détenu en attendant son expulsion.
M. Hoekstra insiste pour dire que ces craintes ne sont pas fondées. Il les a attribuées à des gens voulant obtenir l'attention des médias.
«Venir aux États-Unis est une décision que les Canadiens doivent prendre eux-mêmes. Les craintes liées à des fouilles d'appareil électronique ne sont pas bien fondées. Nous ne le faisons pas. Les États-Unis sont un endroit accueillant.»
Il affirme que des Américains ont exprimé des craintes identiques au sujet du Canada.
«J'ai entendu des Américains se plaindre de la froide réception qui les attendait aux douanes canadiennes», raconte-t-il.
Il ajoute que des plaintes contre l'Agence des services frontaliers du Canada ont été déposées à l'ambassade.
«On s'est dit qu'il s'agit de cas isolés. Il y avait peut-être un employé des douanes qui avait une mauvaise journée et qui s'est vengé sur quelqu'un qui s'était présenté au poste frontalier», minimise-t-il.
Dans une déclaration, l'Agence des services frontaliers du Canada a indiqué que ses agents respectent un code de conduite et le code d'éthique fédéral qui leur prescrivent de traiter tout le monde de façon identique. L'agence enquête sur toutes les plaintes de maltraitance.
«On s'attend à ce que les employés se conduisent de façon à observer en tout temps nos valeurs d'intégrité, de respect et de professionnalisme, a écrit la porte-parole Karine Martel. Traiter les gens avec respect, dignité et justice est une chose fondamentale pour les relations entre les agents et le public. Un aspect important est de servir tous les voyageurs de façon non discriminatoire.»
Les compagnies aériennes ont réduit le nombre de vols entre le Canada et les États-Unis en raison d'une forte baisse de la demande. L'agence Flight Centre dit avoir constaté une dégringolade de près de 40 % du nombre de vols entre les deux pays en février.
M. Hoekstra croit que les gens qui décident de boycotter les États-Unis se trompent.
«On manque une occasion. Il y a tant de belles choses à voir aux États-Unis», dit-il.
Au début du mois de mai, un sondage de la firme Léger pour l'Association des études canadiennes avait indiqué que 52 % des répondants ne croyaient plus que tous les Canadiens pouvaient se rendre aux États-Unis en toute sécurité. Une majorité similaire déclarait ne plus se sentir la bienvenue aux États-Unis.
Dylan Robertson, La Presse Canadienne
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