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Chef de Wôlinak condamné après une diffamation coûteuse : 27 500 $ à payer

Le chef de la communauté abénakise de Wôlinak, Michel R. Bernard, a été condamné pour diffamation. Il doit verser près de 27 500 $ à l’ancienne registraire, chargée de mettre à jour la listes des membres.

Tout part du rôle qu’avait Lynda Landry, membre de la communauté, en tant que registraire. Récemment embauchée à ce poste, celle-ci devait en effet mettre à jour la liste des membres et leurs informations personnelles en vue des élections de 2019.

Rapidement, le chef Michel R. Bernard s’en est pris à elle et à la manière dont elle faisait son travail.

Des commentaires à l’encontre de Mme Landry ont par la suite été diffusés sur Facebook, par le chef Michel R. Bernard.

Méchante cruche , personne stupide , femme tronc , pas plus de quotient intellectuel qu’une patte de table ... Ces propos, reproduits dans le jugement, ont été tenu sur la page Facebook du chef, en mai, juin et août 2019.

Aux commentaires associés à cette publication, [le chef] Bernard réfère à la personne visée par sa publication comme étant un déchet, une fausse autochtone et une menteuse , lit-on dans le jugement rendu public le 20 mai dernier.

Il existe, depuis longtemps à Wôlinak, une guerre entre deux familles principales, les Landry et les Bernard.

Cette lutte politique de longue date […] envenime le climat social , lit-on. Le juge Alain Trudel souligne d’ailleurs que les parties ont tenté de faire de cette poursuite en diffamation un procès de nature politique, soit pour mettre en lumière l’ingérence de l’un dans le processus électoral ou pour attaquer la compétence de l’autre dans son rôle de registraire .

Désireux de ne vouloir se concentrer que sur la cause liée à la diffamation, le juge Trudel conclut que les propos de Michel R. Bernard sont, tant dans la forme que sur le fond, choquants et méprisants et qu’ils ont été tenus dans le but évident de nuire à [Lynda Landry] .

Il apparaît clairement de la preuve que le défendeur a, par le biais d’insultes, sciemment et de mauvaise foi, attaqué la réputation de la demanderesse et cherché à la ridiculiser, à l’humilier, à l’exposer au mépris des membres de la communauté. Pour ce faire, il a utilisé des propos offensants qui répugnent au bon sens dans le dessein évident de s’ingérer dans le travail de la registraire, tirer un avantage politique de la situation et asseoir plus avant son autorité de chef de bande , peut-on encore lire.

Le juge souligne également que M. Bernard ne s’est pas excusé pour ses propos. Il a plutôt tenté de se justifier en évoquant son franc-parler, son langage coloré et son désir de défendre les intérêts supérieurs de ses concitoyens .

Le juge rappelle au chef Bernard que les propos qu’il a tenus relèvent essentiellement de l’insulte et de la vulgarité et en aucun cas de l'intérêt public.

Pire encore, le chef Bernard ajoute qu’ il insulte des gens sur Facebook tous les jours .

Mme Landry poursuivait aussi le conseil de bande, mais le juge n’a pas retenu les allégations qui lui étaient reprochées, à savoir que le conseil, par le biais du chef de bande, aurait tenté de nuire à sa réputation.

Lynda Landry réclamait des défendeurs 100 000 $.

Contacté par Espaces autochtones, le chef Bernard a indiqué ne pas être au courant d’avoir été condamné pour diffamation. Son avocat, Sébastien Chartrand, n’avait pas répondu à nos sollicitations au moment de publier ces lignes.

Il reste quelques jours à M. Bernard pour faire appel de ce jugement.

De son côté, l'avocate du conseil de bande, Marie-Christine Leboeuf, a indiqué que son client était satisfait de ce jugement le concernant.

D'autres poursuites sont en cours à Wôlinak, illustrant le climat qui plane sur la communauté.

Un autre litige qui opposait l’ancien chef Denis Landry et Michel R. Bernard s’est récemment réglé à la suite d’une entente hors cour. M. Landry conteste aussi la décision du conseil de bande d'avoir construit le casino.

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